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On fait quoi ce week-end ?

Week-end du
25/26/27 
Novembre
(et Jeudi 24)

Jeudi – 20h30 : Christian Scott
| La Rodia

Christian Scott, le trompettiste qui décoiffe

Pour appréhender le jazz de Christian Scott, il faut traduire stretch : étirer, élargir, étendre… Sa stretch music (titre de son album de 2015) conceptualise la gloutonnerie du trompettiste, qui cannibalise la Great Black Music.

A seulement 33 ans, un bébé au regard des exigences de son art, il affiche un CV qui plonge pourtant aux racines du jazz, avec lequel il partage la même ville de naissance, La Nouvelle-Orléans. Son oncle, le saxophoniste Donald Harrison Jr., a su fondre les fanfares de Mardi gras dans les évolutions contemporaines du genre. Christian Scott est de la même trempe. La combinaison de son héritage familial, de sa technique acquise à Berklee et de ses goûts générationnels (rap, R’n’B, pop) lui ouvre tout un champ des possibles — et il ne se prive d’aucun.

– Télérama

Vendredi – 21h : Death Pedals + Desana
| Passagers du Zinc

Here comes the weekend

Desana, le tout nouveau projet électrifié du duo bisontin Benjamin Pau/ Stéphane Mignot arrive en ville. Une fois leurs précédents forfaits respectifs oubliés, ces deux-là sont devenus les meilleurs amis du monde. Jeunes éphèbes soigneusement frangés, jeunes filles nubiles passez votre chemin car ici on enlève le bas et on est loin, mais alors bien loin des ambiances fin de siècle. Trois réglages dominants s’imposent : dolce-al dente- fortissimo. Pour l’heure nous retiendrons le dernier. Le volume comme première approche annonce les agitations qui vont suivre, vous poursuivre toute la soirée. Proto stoner, proto grunge ou proto punk il faudra compter sur quelques morceaux de choix. La garde rapprochée se limitant à deux individus très déterminés, inutile d’envisager de douces promesses. Venez donc flirter avec l’apocalypse.

Death Pedals, comme c’est mignon… Excités comme des puces à l’idée de descendre à la cave, cette poignée de Londoniens pourraient bien faire un peu de riff raff tchak boum sous le capot de la DS. Entre une série de toasts et plusieurs gorgées de breuvage national, le punk rock monté en épingle par les médias de la perfide Albion est diffusé en direct à l’heure du thé juste en bas de chez vous. Profitant de la débine des Pistols, du clash des Clash et de la rédemption des Damned ces types-là  vont monter sur scène avec la ferme intention de conjurer l’ennui. Devant le refus général d’évacuer les lieux, le public, c’est-à-dire vous la génération spontanée, pourrait bien sombré dans l’hystérie la plus totale. Punk’s not dead.

Pascal Vernier

Samedi – 20h00 : GiédRé + Maggy Bolle
| La Rodia

« J’aime raconter des histoires », dit GiedRé. Cela lui donne un air innocent, dont on comprend vite combien il est trompeur. Parce que, pour trouver trace d’une chanteuse aussi férocement irrévérencieuse, il faut remonter loin dans l’histoire. Et, d’ailleurs, on n’en trouve pas. 

Il faudrait imaginer un croisement de Pierre Perret et des Sex Pistols, des Fabulettes ravagées par le syndrome de la Tourette, le professeur Choron prenant le pouvoir à L’Île aux enfants…

Quand GiedRé chante, on ne peut résister. On rit très fort, on reste bouche bée, on n’ose y croire : cette beauté blonde au sourire de Dorothée câline fait entendre des horreurs. Du sexe déviant, des faits divers affreux, des confessions plus qu’embarrassantes… Et elle demande aux spectateurs des concerts de faire lever bien hauts leurs mains en faisant des petits anus avec les doigts.

Elle s’interroge pourtant : « Est-ce que les gens s’attendent à ce que je parle de bébés congelés toute ma vie ? » Il est vrai que c’est ainsi qu’on l’a connue. Elle était comédienne, passée par le Cours Florent et l’Ensatt. Petits rôles et pubs… En mai 2010, elle propose au patron du bar en bas de chez elle de venir chanter quelques chansons le samedi soir. Pas d’ambition mais pas d’inhibition non plus. Ses chansons décrivent les pires atrocités avec un grand sourire naïf. Il ne faut pas longtemps pour qu’elle chante en première partie de Raphaël Mezrahi et de Laurent Baffie. On lui promet de gros moyens et un succès fulgurant.

DImanche – 16h00 : Insiang
| Kursaal

Zoom Philippines

Avec Lino Brocka figure emblématique du cinéma philippin, la connexion est rétablie. On racontait souvent que ses films n’étaient jamais diffusés ou rarement faute de copies de qualité. Que tout ce manque provenait d’une mauvaise conservation des bandes. C’était sans compter sur l’intervention du World Cinema Project de Martin Scorsese qui en a assuré la restauration. Insiang (1976), sélection officielle du Festival de Cannes est sans aucun doute l’un de ses tout meilleur film. Onze jours de tournage, l’action de ce mélodrame social se déroule dans un bidonville de Manille. C’est là que Insiang vit avec sa mère qui est l’amoureuse de Dado, un boucher un peu voyou un peu gigolo… On songe à Buñel, Fassbinder ou Pasolini, un très grand film sur les rapports de domination et de perversion.

Pascal Vernier

Dimanche – 18h : Rod Barthet
| Savana Café

Il vient de là il vient du blues

Rod Barthet est à l’écoute des filles mais pas que… Les intimités particulières du Pontissalien, John Lee Hooker, Tommy Castro, Alvin Lee et les autres fournissent l’essentiel des influences. Car c’est bien là, avec ces gens-là qu’il a choppé de la graine. La six cordes c’est son truc, le son façon double bobinage d’une Gibson plutôt, la voix confinée dans les épaisseurs chante l’amour, l’amour du blues. Car Rod possède autant de caractère que de verbe, aux mots parfois c’est Boris Bergman qui s’y collent. Intensité musicale, tonalités prenantes voyez un peu le genre de ce sacré bonhomme jamais effrayé par le long terme… On the road again.

Pascal vernier